#EpicFail : chez Apple, les meilleures ventes de livre passent par iTunes

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À quoi servent les listes des meilleures ventes ? Pour un professionnel, cette métrique donne une idée du marché — comme un outil de veille concurrentiel. Pour le public, cela conscrit les ouvrages aux best-sellers, occultant une immense partie de la production. Que penser alors d’une liste établie, qu’il ne serait pas possible de simplement consulter ? Il y a une application pour ça : Apple.

iTunes #apple
 

Le sujet nous ferait tordre de rire si cet exemple spectaculaire d’epic fail n’était pas tragique. Faisant suite à un message de la firme à la Pomme, qui annonce une liste des meilleures ventes alléchantes, voici ce que le Digital Reader découvre. En cliquant sur le lien proposé via Twitter, le navigateur propose de se connecter à iTunes Store. 

Calamité…
 

D’ailleurs, il faut espérer que le lien ouvre bel et bien l’iTunes Store outre-Atlantique, parce que depuis l’Europe, on aboutit au lancement de l’application Livres et ce message : « Connexion à la librairie impossible. »

Merdredemerdre… 

Le pathétique de la situation, comme l’indique bien Nate Hoffelder, c’est d’imaginer qu’une société pesant 3000 milliards $ ne soit toujours pas capable de mettre en ligne une bête page web, avec la liste de ses meilleures ventes. Bien entendu, chaque livre numérique serait associé à un lien d’achat dans une logique de librairie. Mais non : en 2020, on pousse, encore et encore, à connecter l’utilisateur à son insupportable outil iTunes, devenu avec le temps une usine à gaz délirante. 

Or, que l’on soit sur ordinateur (Mac qui plus est !) ou iOS, rien à faire, le lien ne fonctionne pas — probablement pour l’Europe —, et de toute manière, se raccroche aux applications. 

La stratégie propriétaire est connue chez tous les géants de l’informatique. Cependant, tous ont a peu près enregistré que le web était un dénominateur commun à tous les internautes. Et qu’à ce titre, quel que soit l’outil de lecture, rien ne valait une bonne vieille page web pour garantir une accessibilité la plus efficace qui soit.

Or, comme le remarque le Digital Reader, tant Amazon que Google ont bien compris l’enjeu d’une commercialisation ouverte. Qu’importe que l’on recadre dans un appareil propriétaire par la suite : l’enjeu est, de toute manière, de pouvoir donner la possibilité de l’achat. Le service Google Play le démontre, puisque l’on s’y procure tout article indépendamment de ses appareils. Juste grâce à une page internet… 

Voilà 19 ans, quand iTunes fut lancé, la solution était pratique, commode, efficace. L’inverse absolu de ce que l’outil est devenu aujourd’hui. En l’état, ce poste ne concerne donc que les utilisateurs d’iTunes, sur le territoire américain.

Reconnaissons cependant que, de temps à autre, une page surgit de nulle part, accessible, et permettant de consulter les informations sur un produit. Mais il ne sera toujours pas possible d’effectuer un achat, tant que l’on n’aura pas activé Livres ou iTunes ou tous les autres logiciels d’Apple. 

Pas très judicieux, en effet… ni très commerçant. 

illustration : m.p.3., CC BY NC SA 2.0

https://www.actualitte.com/article/lecture-numerique/epicfail-chez-apple-les-meilleures-ventes-de-livre-passent-par-itunes/101474